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samedi 15 avril 2017

Le GHT Alpes-Dauphiné témoigne des enjeux liés à la psychiatrie dans un groupement "généraliste"

Lors de la dernière réunion du comité de suivi des groupements hospitaliers de territoire (GHT), l'exemple du GHT Alpes-Dauphiné a été présenté. Il a permis d'illustrer les enjeux liés à la psychiatrie dans un GHT polyvalent et les impacts de l'intégration de cette discipline, priorité du projet médical partagé, sur l'ensemble du champ sanitaire.
À l'occasion du treizième comité de suivi des groupements hospitaliers de territoire (GHT) le 4 avril (lire notre article), un exemple de la place et de l'approche données à la psychiatrie dans un GHT polyvalent ou "généraliste", à travers le GHT Alpes-Dauphiné, a été présenté. Des représentants du CHU Grenoble-Alpes (Chuga) — dont sa directrice Jacqueline Hubert — et du CH Alpes-Isère (CHAI, Isère), établissement spécialisé en psychiatrie, notamment son directeur, Pascal Mariotti, ont ainsi exposé le contexte de la genèse de ce groupement. Il bénéficiait de l'existence d'une communauté hospitalière de territoire (CHT) dès 2010, avec un projet médical conjoint dès 2011. "Ce que nous avons décrit, selon les retours qui m'en ont été donnés, est assez symptomatique des questions que vont se poser les GHT" de première génération, qu'ils comptent ou non un CHU en leur sein, explique Pascal Mariotti à Hospimedia.

Un focus sur les urgences psychiatriques

"Nous sommes dans la situation assez classique du groupement où l'établissement spécialisé doit piloter la filière psychiatrie, [...] nous ne sommes pas sur le projet territorial de santé mentale mais bien sur des interrelations hospitalières dans le cadre d'une territorialisation", poursuit-il. Parmi les questions se posant en priorité, se retrouvent ainsi "les urgences, la liaison psychiatrie/soins somatiques, les addictions, la crise et les urgences enfants et adolescents, etc.". Les représentants du CHAI et du Chuga ont notamment opéré un focus sur l'urgence psychiatrique. Il existait un dispositif antérieur à la CHT, qui avait acté une organisation restant à parfaire et à stabiliser dans le GHT, ont-ils expliqué, comme : structurer la prise en charge des urgences psychiatriques au CH de La Mure ; d'aller vers une garde commune des psychiatres du CHAI et du CHU aux urgences du Chuga ; ou encore de créer une filière de la crise et des urgences infanto-juvéniles entre la pédopsychiatrie et la pédiatrie. Il s'agit aussi de développer la prévention, l'intervention précoce et structurer le parcours du patient à risque suicidaire ou encore d'améliorer et d'accélérer la prise en charge globale en urgence des patients souffrant de troubles du comportement. Plusieurs priorités au sein du projet médical partagé concernent la psychiatrie, dont le développement des interventions interétablissements et le soutien entre disciplines et spécialités au sein des établissements. Cela passe en premier lieu par la psychiatrie de liaison vers le MCO et SSR "pour fluidifier les parcours". La géronto-psychiatrie est, par exemple, concernée par un projet d’une équipe mixte gériatrique et psychiatrique commune au CHAI et au CH de Saint-Laurent du Pont.

Un pôle interétablissements d'addictologie

Une autre priorité est le développement de l’accès aux soins somatiques de spécialité et aux plateaux techniques du Chuga et du CH de Voiron pour les patients de la psychiatrie. Il s'agit notamment de donner la priorité à l’accès aux consultations de spécialité au CHU ou au déplacement de spécialistes au CHAI — qui compte par ailleurs un service de médecine générale et un plateau technique "de base" — pour les besoins des patients hospitalisés. Enfin, il est prévu de "recourir à la télémédecine pour les besoins de la psychiatrie et faire ainsi levier pour la développer" dans la discipline. La structuration de la filière crise-urgence enfants et adolescents figure aussi parmi les priorités ou encore, dans le cadre de la mise en œuvre de la filière d'addictologie du PMP, la création d'un pôle territorial interétablissements d'addictologie.

Par ailleurs, Pascal Mariotti, qui préside l'Association des établissements participant au service public de santé mentale (Adesm), relève plus globalement que "l'on a rarement autant parlé de la psychiatrie entre établissements sur les territoires". Et en particulier "parce que la question de la psychiatrie apparaît quasi systématiquement comme un des axes principaux et majeurs de tous les projets médicaux de GHT". Cela met en exergue, "dans le cadre hospitalier, à quel point les questions liées à la psychiatrie, notamment aux pathologies psychiatriques, sont importantes et pèsent dans le champ sanitaire en général et s'expriment dans les besoins de la population".
Caroline Cordier

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