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jeudi 23 octobre 2014

Les Français veulent-ils devenir des hommes augmentés ?

 25/10/2014




La semaine dernière, le monde a frissonné en apprenant qu’Apple et Facebook se proposaient de prendre en charge à hauteur de 20 000 euros les frais liés au prélèvement et à la conservation de leurs ovocytes par des salariées repoussant leur rêve de maternité (sans cependant y renoncer) pour des raisons de carrière. Cette « solution » préconisée par les deux géants de la Silicon Valley pour remédier aux difficultés des femmes pour concilier maternité et vie professionnelle a fait couler beaucoup d’encre, jusque dans nos colonnes. Nous citions notamment les réflexions inspirées par cette initiative d’Apple et Facebook à Laurent Alexandre, ancien élève d’HEC, de Science Po et de l’ENA mais également chirurgien et fondateur de Doctissimo, spécialiste français du « transhumanisme ».  « Je pense que nous assistons à l’entrée en force de l’idéologie transhumaniste dans nos sociétés » remarquait-il. 

Repousser toutes les limites… jusqu’à celle de la mort

Le transhumanisme, courant de pensée qui n’est pas aussi largement médiatisé en France qu’aux Etats-Unis, est né dès les années quatre-vingt Outre Atlantique. Il repose, schématiquement, sur l’idée que les nouvelles technologies (regroupées sous l’acronyme NBIC pour nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) peuvent (voire même doivent) être employées pour améliorer les capacités physiques et intellectuelles de l’homme, afin de modifier profondément sa condition… jusqu’à éventuellement repousser les limites de la mort. Si beaucoup relèvent que toute la civilisation humaine, de l’éducation aux lunettes de vue, en passant par les cannes et les prothèses, pourrait relever du « transhumanisme », les technologies NBIC font sans doute entrer cette quête d’amélioration dans une nouvelle dimension où la perception même de l’être humain est appelée à se modifier. Certains encore y voient une nouvelle forme de l’éternelle querelle entre les modernes et les anciens ; les « transhumanistes » se faisant les chantres exaltés du progrès, quand les seconds le pourfendraient. Mais le débat pour de nombreux observateurs ne se limite pas à des batailles simplistes et le courant transhumaniste, qu’on adhère ou non à l’idée de voir naître demain un homme augmenté, est à l’origine de profondes réflexions éthiques et philosophiques, qui concernent tout autant le libre arbitre, l’humanité que la notion de vie privée. 

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