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samedi 20 avril 2013

L'espérance de vie des Européens continue de progresser

Le Monde.fr | 

En France, "l'espérance de vie à 65 ans" - c'est-à-dire le nombre d'années à vivre pour une personne âgée de 65 ans - est de 19,3 ans pour les hommes et 23,8 ans pour les femmes en 2011.
En France, "l'espérance de vie à 65 ans" - c'est-à-dire le nombre d'années à vivre pour une personne âgée de 65 ans - est de 19,3 ans pour les hommes et 23,8 ans pour les femmes en 2011. | AFP/JEFF PACHOUD

L'espérance de vie des Européens continue de progresser. Les habitants de l'Union européenne (UE) ayant atteint l'âge de 65 ans peuvent s'attendre à parvenir à l'âge de 83 ans, pour les hommes, et de 86,4 ans pour les femmes, soit une augmentation de plus d'un an depuis 2005, selon les résultats d'une étude conduite dans l'UE et pilotée par une équipe française. Ces résultats devaient être rendus publics mercredi 17 avril.
Année après année, l'Europe réalise des gains de longévité : trois mois d'espérance de vie supplémentaires par an. Ces gains ne sont pas acquis par une diminution de la mortalité infantile, déjà fortement réduite, mais le sont presqu'exclusivement après 50 ans et, pour la plupart, après 65 ans. Or, c'est précisément dans cette tranche d'âge que sont surtout présentes les maladies chroniques et la limitation des activités.
TROIS INDICATEURS PRENANT EN COMPTE LA SANTÉ
"C'est pourquoi la Commission européenne, qui a surveillé l'évolution de l'espérance de vie depuis 2005, utilise trois indicateurs d'espérance de vie prenant en compte la santé : l'espérance de vie en bonne santé perçue (où les gens se perçoivent en bonne ou très bonne santé), celle sans maladie chronique et celle sans incapacité ", explique Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, et coordinateur général de l'étude européenne. L'UE s'est fixé l'objectif d'augmenter le nombre d'années de vie en bonne santé de deux ans d'ici à 2020.
Les chercheurs ont travaillé sur les données recueillies depuis 2005 dans l'UE et ont comparé les résultats obtenus pour 2011 à ceux déjà publiés pour la période 2005-2010. L'espérance de vie en bonne santé perçue a augmenté significativement depuis 2005 : plus 1,5 an pour les hommes et 1,6 an pour les femmes.
Cet indicateur augmente même plus rapidement, sur la même période, que l'espérance de vie globale, ce qui va dans le sens espéré par les responsables européens. Néanmoins, ce constat paraît contradictoire avec l'augmentation des années de vie vécues avec une incapacité ou une maladie chronique entre 2005 et 2011. Le nombre d'années de vie s'accompagnant de maladie s'est accru respectivement de 1,6 an, pour les hommes, et de 1,3 an pour les femmes.
PLUS DE MALADIES CHRONIQUES DÉCLARÉES
"Les habitants de l'UE rapportent davantage de limitation de leur activité et d'années de vie avec une maladie chronique sans que cela s'accompagne du sentiment d'être en mauvaise santé. L'éducation à la santé fait qu'ils déclarent à présent des maladies chroniques – diabète ou hypertension artérielle, par exemple – qu'ils n'auraient pas déclaré auparavant ", décrit Jean-Marie Robine. Les pathologies chroniques ou les incapacités ne sont pas nécessairement sévères, sont détectées plus précocement et mieux traitées qu'auparavant. D'où le sentiment d'être malgré tout en bonne santé.
Jean-Marie Robine souligne que dans l'UE, il n'existe pas encore de dispositif recueillant autant de données statistiques sur la santé qu'il en existe sur la scolarité ou l'emploi. "C'est la première fois que nous pouvons présenter des tendances sur l'évolution au plan sanitaire d'une population qui vieillit. De plus, tous les Etats membres de l'UE ne sont pas en mesure de fournir ces données depuis 2005", constate-t-il. C'est le cas de la Bulgarie et de la Roumanie, qui n'ont rejoint l'UE que depuis 2007.
Lorsqu'ils disposeront d'un recul plus important et de données plus nombreuses, les chercheurs seront en mesure de savoir si les discordances constatées actuellement tiennent ou non à des insuffisances dans la méthode employée. Ils pourront également mieux prendre en compte les variations, selon les pays de l'UE, des perceptions à l'égard des maladies chroniques et des incapacités.

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